La Crète en histoire : 8 dates à retenir de son séjour

La richesse historique de la Grèce et de la Crète n’est un secret pour personne. On connaît tous 1 ou 2 histoires sur la Grèce Antique et particulièrement l’histoire du Minotaure Crétois. Vous savez la créature mi-homme mi-taureau pas trop sympa dans un labyrinthe ??

Mais c’est quand même dommage de s’arrêter là… Alors voici 8 dates clés que vous devez retenir pendant ou à la suite de votre séjour pour comprendre plus amplement l’histoire de Crète.

Au départ, la civilisation Minoenne

Comment ne pas évoquer la civilisation qui forgera la renomée de l’île, deux millénaire avant notre ère, bien avant les temples et le marbre au sol. On lui prête même le statut de première grande culture d’Europe. Il suffit d’aller voir ce qu’il reste des palais d’autrefois comme celui de Knossos pour comprendre à quel point ce peuple semblait « moderne » pour l’époque : les fresques murales, l’orfèvrerie, les symboles d’animaux, les peintures représentant les scène de vie de tous les jours et qui donnent aussi plusieurs indices sur les coutumes de cette époque.

Il est dit que c’est un peuple qui domina la Méditerranée par le commerce et que très peu de guerre y ont pris place. A tel point qu’aucune fortification ou mur d’enceinte ne semblait s’ériger autour de ces gigantesques palais.

Les Doriens, l’arrivée des Grecs en Crète

Ce n’est pas autant un mystère que celui de l’Atlantide mais la civilisation Minoenne a disparu sans trop laisser d’indice concret. A partir de là, les Doriens, un peuple venant du continent en Grèce, plus brutal, s’est installé sur les vestiges de Minos.

Si les Doriens sont à l’origine de la fondation de quelques villes comme Gortyne, la Crète connait dès lors une époque assez sombre. A tel point que peu d’écrits et de traces existent aujourd’hui ou ont été découverts. Un éclat de lumière dans cette obscurité, nous avons quand même découvert le plus ancien texte de loi d’Europe gravé dans la pierre.

Des romains en Crète ?

Après la nuit vient l’aube. La Crète va peu à peu retrouver de son éclat aux yeux de l’humanité à l’ère des romains. En conquérant, ils vont chasser les pirates régnant sur la mer Egée et apporter de la stabilité dans cette région : La Crète devient une province romaine reliée à la Cyrénaïque, les villes se développent sur le modèle romain. Pour autant, le dialecte n’a pas eu l’air d’avoir changé : on continue de parler grec, d’écrire en grec malgré la forte influence romaine.

La civilisation Arabe s’empare de l’île

Le IXe siècle sonne l’arrivée inévitable des arabes sur l’île. Civilisation extrêmement puissante de cette époque elle ne va pas avoir de mal à se développer et s’emparer de la Crète. C’est depuis toujours un carrefour stratégique entre l’orient et l’occident. De nombreux pillage set combats auront lieu entre arabes, byzantins et autres civilisations du pourtour méditerranéen pour le contrôle de cette zone stratégique. Au delà de l’aspect guerrier, la civilisation arabe va apporter de nombreuses évolutions : des nouvelles techniques de construction, de développement des villes, d’apprentissage etc…

La reconquête Byzantine : le retour au christiannisme

Les Byzantins n’ont jamais vraiment accepté de voir la Crète leur échapper. Après plus d’un siècle de domination arabe, l’Empire d’Orient décide de reprendre ce joyau de la Méditerranée. En 961, c’est le général Nicéphore Phocas – futur empereur – qui mène la reconquête. L’armée byzantine assiège Chandax (l’actuelle Héraklion) pendant des mois avant de réussir à la reprendre, mettant fin à la période arabe. La Crète redevient alors chrétienne et rattachée à Constantinople.

Sous la domination byzantine, l’île retrouve un semblant de stabilité. Des monastères fleurissent dans les montagnes, et la religion orthodoxe s’enracine durablement. On y enseigne l’art de la mosaïque, de l’icône, et la foi se mêle à la beauté.
Mais l’anecdote la plus étonnante, c’est qu’un saint crétois, André le Fou, aurait parcouru les rues d’Héraklion en prédisant la chute future de l’île face à « des hommes de l’Ouest » – probablement les Vénitiens.
Une prophétie qui prendra tout son sens deux siècles plus tard.

Les Vénitiens s’en mêlent

Après la reconquête byzantine, la Crète change une nouvelle fois de mains. En 1204, la fameuse quatrième croisade tourne mal : au lieu de libérer Jérusalem, les croisés saccagent Constantinople, et l’île passe aux Vénitiens. Venise, déjà puissance maritime incontestée, voit dans la Crète un joyau à exploiter. L’île devient une colonie stratégique, rebaptisée Candia, du nom de sa capitale (Héraklion).

Les Vénitiens imposent leur style, leur commerce, leur religion, mais aussi leur architecture : les forteresses, les loggias, les fontaines et même certains palais que l’on admire encore aujourd’hui datent de cette époque. Candia devient un carrefour où se croisent marchands, artistes et diplomates.
C’est aussi une période d’âge d’or artistique : de cette rencontre entre Orient et Occident naît l’école crétoise de peinture, dont l’un des représentants les plus célèbres est Dominikos Theotokopoulos, mieux connu sous le nom de El Greco.

Détail méconnu : les Crétois, malgré la domination étrangère, réussissent à conserver une part de leur identité. Dans les campagnes, on chante encore en grec, on écrit des poèmes d’amour qui traverseront les siècles. Une preuve que l’âme crétoise, elle, n’a jamais été conquise.

La domination Ottomane : entre résistance et héritage

Après plus de quatre siècles sous la bannière de Venise, la Crète tombe aux mains des Ottomans en 1669, à l’issue d’un siège d’Héraklion parmi les plus longs de l’histoire : 21 ans de combats !
Les Turcs installent alors leur administration, leurs mosquées et leurs lois, transformant profondément le visage de l’île. L’islam s’installe, mais une grande partie de la population reste chrétienne orthodoxe, vivant dans un équilibre fragile entre tolérance et révolte.

Les siècles ottomans sont rudes : impôts élevés, tensions religieuses, mais aussi échanges culturels inattendus.
Les Crétois adoptent certaines techniques agricoles turques, notamment dans la culture de l’olivier et du raisin. Et anecdote méconnue : c’est à cette époque que serait née la recette du café grec, en réalité… un café turc préparé à la manière locale, symbole savoureux de ce mélange forcé entre deux mondes.

Malgré les révoltes successives, les Crétois gardent leur identité farouche. Dans les montagnes, des villages entiers vivent presque en autonomie, abritant moines, rebelles et poètes. La flamme de la liberté, comme souvent ici, ne s’éteindra jamais vraiment.

Retour en Grèce : une union officielle

Après des siècles de domination étrangère, le XIXᵉ siècle réveille enfin l’espoir d’une Crète libre.
L’esprit de résistance n’a jamais disparu, mais il s’enflamme pour de bon au moment où la Grèce continentale obtient son indépendance en 1830. Les Crétois, eux, devront encore attendre : révoltes, massacres et trêves se succèdent pendant des décennies.
En 1898, grâce à la pression des puissances européennes, la Crète obtient un statut d’autonomie.
À sa tête, un homme au destin national : Elefthérios Venizélos, natif de La Canée, futur Premier ministre de la Grèce.

Sous son influence, les liens entre l’île et la Grèce se resserrent jusqu’à l’union officielle en 1913, à l’issue des guerres balkaniques.
Les drapeaux grecs flottent enfin sur les forteresses vénitiennes.

Mais l’anecdote la plus touchante, c’est qu’au moment de la cérémonie d’union, aucun Crétois ne voulait baisser son propre drapeau : on le replia avec les honneurs et on l’envoya à Athènes, pour qu’il soit conservé « comme un symbole de fidélité et de courage ».
Ce jour-là, la Crète redevenait grecque… mais sans jamais cesser d’être elle-même.